Initiation aux premiers secours, vous aussi faites-le !

J’ai assisté hier dimanche à une initiation aux premiers secours « les gestes qui sauvent » organisée par la Cité des Sciences et de l’industrie de la Villette. Cette séance de 4 heures, spécialement adapte à des personnes aveugles et malvoyantes, était animée par Jean et Olivier, deux ambulanciers dont nous avons tous apprécié la pédagogie.

C’est con à dire, mais quand on n’a jamais vu un défibrillateur de près ou que personne ne vous a jamais montré des gestes extrêmement simples mais qui peuvent sauver une vie, on est aussi handicapé qu’un ordinateur qui ne saurait pas calculer !

Après une première partie théorique, très dense en informations de toutes nature, pas suffisamment classées, à mon goût, sur les différents types d’accidents et les attitudes à adopter, nous sommes passés au plus utile : les exercices pratiques. La leçon de base tient dans l’acronyme P.A.S pour protection de soi et des victimes, alerte, secours. C’est basique, mais dans la panique, pratique.

Le premier exercice portait sur l’assistance à une personne qui s’étouffe après avoir avalé quelque chose et qui n’est plus en mesure de respirer ni de l’expulser par elle-même. La première étape consiste à localiser le positionnement de la personne qui doit rester debout, à contrôler si elle respire en posant une main sur son abdomen, l’autre sur sa nuque. La main sur la nuque permet de savoir si l personne répond oui ou non de la tête à la question : « est-ce que tu t’étouffes ? ». Si elle fait oui de la tête, il faut alors lui administrer cinq claques dans le dos, pas trop fortes mais fermes pour aider à l’expulsion du corps étranger.

Sylvie, mon binôme, n’a pas simulé et m’a donné une vigoureuse claque entre les omoplates. Aucun mal bien sûr, plutôt une surprise que j’ai bruyamment exprimée. Si les claques dans le dos n’ont pas eu d’effet, il faut forcer le relèvement du diaphragme.

Le second exercice, sans doute le plus impressionnant par sa simplicité et son efficacité consistait à mettre la victime en position latérale de sécurité, c’est-à-dire à la coucher sur le côté pour qu’elle ne s’étouffe pas en cas de régurgitation de vomis ou de sang dans sa bouche. Je sais, vous êtes à table, mais quelqu’un qui fait un malaise ou a un accident ne se préoccupe pas de ce genre de détail mesquin Impressionnant de facilité ! Oui car il n’y a besoin de quasiment aucune force physique pour mettre sur le côté un individu de plus de 100 kg. Cela se fait par simple effet mécanique et en utilisant précisément le poids du corps de la victime. Le plus incroyable est que si on le fait correctement, elle ne peut basculer sur le dos ni sur le ventre.

Enfin, nous avons appris à déterminer l’état d’inconscience avec arrêt respiratoire et à effectuer un massage cardiaque. Là, je vous assure que c’est physique et qu’il vaut mieux s’assurer préalablement qu’on aura de la relève ! Car 4 cycles de 30 impulsions pendant 1 minute 30 à 2 minutes, le tout pouvant être répété plusieurs fois de suite, ça crève. Nous avons terminé par la manipulation du défibrillateur. Encore un truc tout bête à connaître, mais si on ne l’a pas fait au moins une fois dans sa vie, on peut se retrouver comme une poule qui a couvé un canard devant ce genre d’appareil.

Cette initiation était adaptée au handicap visuel au sens ou chaque exercice était décomposé pour chacun d’entre nous, là où une assistance de voyants peut se contenter de regarder à distance. Mais franchement ! Voyant ou pas, tout le monde devrait en faire autant !

Sachez donc que la Cité des Science organise ce type d’initiation une fois par mois pour le grand public. Il existe certainement la même chose partout en France. Alors ça vaut quand même le coup de « perdre » un après-midi pour « gagner » ne serait-ce qu’une seule vie qui peut être celle d’un être cher, plutôt que de glander comme une loque sur son canapé. Donc, faites-le !

Pour les aveugles, ce n’est pour l’instant qu’une fois par an, malheureusement. Mais je me suis laissé dire que d’autres organismes, comme la Croix rouge, par exemple, le faisaient aussi, bien que je n’aies pas trouvé grand-chose là-dessus sur Internet. Renseignez-vous ! Ce qui est bon pour vos proches est bon pour vous !

Un immense merci aussi à la sympathique Carole et les autres personnes qui nous ont accueillis et guidés dans les méandres de la Cité en travaux. Les gâteaux qu’elles nous ont offerts lors de la pause n’étaient pas des étouffe-chrétiens et ne nous ont donc pas servi pour le premier exercice sur l’obstruction totale.

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Une réponse à “Initiation aux premiers secours, vous aussi faites-le !”

  1. Sylvie dit :

    Encore désolée pour la claque, mais au moins tu sais à quelle force la donner!
    Cette initiation était vraiment super, merci à Jean et Olivier mais aussi à Carole, Fadila et Nathalie qui nous ont vraiment bien accueillis et raccompagnés malgré la pluie battante.
    Enfin, je dois dire aussi qu’il ne faut pas hésiter, qu’on soit aveugle, malvoyant ou non, à suivre ce genre de formation. Sachez qu’il y a normalement, un défibrilateur dans chaque lieu public: mairie, grande entreprise, etc…
    A ne pas oublier : le 15 pour le SAMU, le 18 pour les pompiers. 1. se protéger soi-même, 2. donner l’alerte, et 3. secourir. Et n’oublions pas, même avec un handicap, quel qu’il soit, on peut sauver des vies ! Bravo Tanguy pour cet article!

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