Le bonheur de pouvoir faire ses courses en ligne

Allez, après une série de billets grognons, je vais aujourd’hui vous parler d’un train qui arrive à l’heure, d’un chien pas écrasé, d’une note musicale plutôt juste, bref, d’un site Internet qui me permet d’être totalement autonome. Que du bonheur ! Il s‘agit du site de courses alimentaires en ligne houra.fr que j’utilise depuis cinq ans.
Attention ! Il n’est pas accessible au sens d’une conformité absolue à un référentiel quel qu’il soit, mais suffisamment pour pouvoir :

  • Gérer mon compte
  • Rechercher un produit dans les rayons ou par le moteur de recherche
  • Connaître son prix à l’unité et au poids ou au litre
  • Lire les dates de péremption et le descriptif des produits
  • Acheter le produit ou le mettre dans une liste
  • Choisir mon créneau de livraison
  • Et enfin, le plus douloureux, payer.

Ce site a considérablement évolué depuis que je me suis inscrit. Par exemple, jusqu’en 2009 ou 2010, il se composait de 9 cadres (vous savez la bonne vieille balise frame ?) et je crois, pas moins de 18 cadres imbriqués. Pourtant déjà, les onglets qui constituaient les rayons étaient des éléments graphiques dotés d’une alternative textuelle indiquant le nom du rayon. Le choix du créneau de livraison, quant à lui, se faisait dans un tableau à double entrée (en colonne les jours, en ligne les heures), dans lequel il fallait cocher un bouton radio qui, bien que possédant un attribut title du genre « livraison pour le mardi 22 février entre 10h et 12h », n’était pas correctement retranscrit par Jaws. Visuellement il était sans doute facile de faire le lien entre le jour et l’heure sur cette sorte de calendrier. En revanche, pour quelqu’un qui ne peut pas voir l’écran, c’était très compliqué. On devait alors compter le nombre de colonnes et de lignes pour tenter de tomber sur le créneau qui nous intéressait. C’est seulement dans la page de confirmation que l’on voyait si l’on avait visé juste, avec possibilité de modification, fort heureusement.
Un beau matin, les cadres avaient totalement disparus. L’aspect général du site était entièrement transformé. Passées les premières minutes de déconvenue liée à l’effet de surprise face au changement radical, le site s’avéra plus sympa à utiliser avec, notamment une idée très pratique, malheureusement abandonnée, celle de l’ardoise. Cela consistait à inscrire dans un seul champ d’édition toute sa liste de courses telle qu’on le fait sur papier, en séparant chaque terme par une virgule, puis à valider. Le système affichait alors une liste de liens correspondant aux rayons cherchés, ou carrément les produits eux-mêmes. Les boutons radio de choix du créneau de livraison sont soudainement apparus en clair avec leur intitulé très explicite. C’en était presque un plaisir de faire ses courses, à tel point que j’en avais fait un tutoriel pour expliquer aux utilisateurs de Jaws comment s’en servir efficacement.
Le changement était manifestement trop violent pour les utilisateurs du site et celui-ci a dû faire marche arrière sur certaines fonctionnalités comme justement l’ardoise magique. Pourtant, des bonnes choses sont restées. Les rayons n’ont pas perdu leurs alternatives textuelles, même si on peut regretter qu’elles commencent toutes par le terme « boutique ». Ce qui ne permet plus de les sélectionner en tapant la première lettre dans la liste de liens via Jaws. Les dates limite de consommation ont fait leur apparition, lesquelles sont rappelées dans le mail de confirmation, ce qui permet d’organiser son frigo quand on reçoit la marchandise et de s’éviter une intoxication. Le nom des produits est écrit en texte et non dans des images. Les boutons d’ajout ou de suppression des quantités ne s’appellent plus « Moins » et « Plus », mais « enlever » et « Ajouter ». Ces mêmes boutons n’étaient activables qu’à la souris. Ils peuvent maintenant être activables également au clavier pour les personnes qui ne peuvent pas se servir du mulot. C’est quand même plus clair. Les quantités peuvent également être saisies manuellement. Ce n’était pas le cas auparavant.
A ce jour, la plus grosse difficulté réside dans la navigation par rayons. En effet, lorsqu’on clique sur un rayon principal, par exemple « Frais », les sous-rayons apparaissent visuellement au centre de l’écran, mais pour Jaws, ils sont situés en fin de page, après le panier, et ce sans repère particulier ou constant permettant de s’y rendre directement. Il faut donc tâtonner pour se positionner au début de la liste des sous-rayons. Il y a donc bien accès à l’information, mais avec un fort impact sur l’utilisateur qui a peine à la débusquer. On peut aussi regretter la faible utilisation des éléments de titrage (balise hn) qui permettrait de naviguer plus rapidement sur ce type de pages forcément longues. Enfin, comme je l’ai déjà expliqué, le nom des rayons n’a pas besoin du terme « boutique » devant chacun d’eux.
Nonobstant ces quelques points à améliorer, c’est aujourd’hui le seul site d’achats alimentaires qui je peux utiliser d’un bout à l’autre du processus (CF mon billets Carrefour ou comment être désorienté). Compte tenu de mon double handicap moteur et visuel, j’apprécie, non je goûte, non, je déguste chaque fois de ne pas avoir à me taper 1h30 de piétinement dans un supermarché avec la nécessité de demander à quelqu’un de me décrire les rayons, les produits, les marques, les prix et de les attraper pour moi. Alors, elle est facile, mais je la fait quand même : hourra houra !

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3 Réponses à “Le bonheur de pouvoir faire ses courses en ligne”

  1. Alp dit :

    Bonjour,
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre billet, et je souhaiterais échanger quelques informations avec vous.
    Pourriez-vous me contacter ?
    Merci d’avance.

  2. Mescourses.net dit :

    Effectivement sur houra.fr la navigation dans les rayons n’est pas des plus pratiques. Votre billet me donne des idées d’articles concernant les services en ligne et l’accessibilité.

  3. Suite à mon article sur houra.fr | Tanguy rêve dit :

    [...] une rectification par rapport au problème de navigation par rayons que j’ai mentionné dans mon précédent billet. En effet, je déplorais l’absence de repère pour trouver les sous-rubriques lorsqu’on [...]

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